C’est un texte pas seulement sur le capital mais un peu, pas seulement sur le nihilisme mais un peu. C’est aussi un peu une histoire avec une fille, enfin en tout cas l’histoire d’un mec dans un couple, dans une famille même, comme tant d’autres, aujourd’hui, comme vous qui lisez, qui se bat, comme beaucoup le font ou le veulent, qui essaye de se battre avec humour, parce que l’humour met un peu de sel au bordel ambiant. Mais il se bat et n’y arrive pas. Regardez autour de vous, regardez-vous, vous trouverez des exemples… Alors c’est un mec qui glisse, qui glisse vers le cynisme parce que le cynisme est une défense comme une névrose protège l’esprit, qui glisse vers le nihilisme comme le nihilisme est un moment psychotique, ce moment de folie pure qui est une sorte d’interrupteur qui met le cerveau sur OFF parce qu’il n’y a plus de solution, et qu’une parenthèse est nécessaire
(parce qu’il n’y a plus rien à expliquer, que le monde dirige tout, tout seul…)
Ceux qui ont lu mon livre « La Bascule », éditions Camion Noir (le pendant noir des éditions Camion Blanc spécialisées dans la musique), savent que ce sont des thèmes que j’affectionne. Magna Carta me demandait un texte qui fait sens. La musique de Capitanihilisme, à laquelle je trouve un petit côté rock prog – mais je ne suis pas musicien moi-même, amène le héros (l’anti-héros) vers quelque chose d’inéluctable et absurde. Si quelqu’un a une meilleure solution (une meilleure fin ?) a l’absurde de la vie, qu’il me fasse signe, promis, j’en parlerai dans un prochain texte.
Les paroles :
L’ironie et sa finesse ne suffisaient plus,
Les jeux de mots ne jaillissaient plus,
Tu cours dans le brouillard.
La nausée dans son ventre contaminerait ses proches,
Et malheureusement pour eux, sans avoir l’intention de vivre, il ne comptait pas mourir,
Il n’était pas dépressif.
Il voulait se casser, pour voir si quelque part l’idée d’amour était valable,
Mais il n’aimait guère sortir de chez lui,
Tant le concept d’amour lui semblait vain.
Dans ce monde où ne régnait que la pensée juste,
Tous autour de lui courraient après des idéaux de justice,
Ils se battaient entre eux, certains d’être dans leurs droits,
Des hyènes se partageant le cadavre d’une aveugle.
Et autour de lui tombaient en premier ceux qui renonçaient à la justice,
Les survivants s’entretuaient dans leur droiture,
Aucun ne voulait abandonner les armes.
Sa folie n’avait pas de nom.
Voilà ce qui n’avait pas de nom,
Voilà les accusations qui s’égrènent,
Possession diabolique
Contre l’éducation des ecclésiastiques,
Hystérie,
Ici ou là moulins à vent,
Mélancolie dans l’ombre d’un siècle de lumière,
Schizophrénie.
Maintenant, un siècle plus tard, perdu depuis belle lurette dans son temps, il savait que le refuge n’était pas dans le passé, où la folie l’aurait gagné aussi, il savait aussi qu’il n’était pas dépressif dans ce monde suintant l’optimisme.
La frontière était son univers,
Dans ce farwest, son manque d’agressivité ne le poussait pas à la bataille,
Il ne défendait pas son territoire.
Où qu’il se placerait, il vivrait toujours dans l’incertitude,
Lui se disait certain de rien, eux se disaient « pétris de certitudes ».
Mais lui pensait non, pas pétris, pas forgés, mais pourris de certitudes, pourris de principes, pourris de morales.
Certitudes qui suintaient aux Lumières, déliquescence, vanité toujours.
Et de l’ironie il était passé, oh lentement très lentement, au cynisme,
Il y avait encore de l’espoir dans le cynisme,
On peut encore y vivre.
Une vie de haine certes,
Si l’on n’est pas philosophe,
Et que l’on a encore la bêtise de désirer quoi que ce soit.
Lui c’était foutu,
Il désirait trop pour un cynique,
(Genre une famille, il voulait encore une famille, mais ducon si tu es cynique, ta femme, elle te quitte, c’est valable dans les deux sens d’ailleurs, toi-même si tu est amoureux c’est parce que tu crois en l’amour, comment espérer croire en l’amour aux côtés d’un cynique ?)
Et il se raccrochait à tout, tout seul,
Il sentait bien que sa femme s’éloignait alors il la suppliait
Un peu
Et la baisait
Beaucoup.
Parce que c’est facile de croire au sexe,
Et bander est un mensonge facile.
Et il le savait, il s’y préparait,
Après ce sera le nihilisme,
Détruits,
Tous ses idéaux, tout ce en quoi il a cru ou espéré.
Et continue, le con, l’ordure,
Il y a encore des soubresauts dans ce corps exsangue.
Va travailler, sors, va voir du monde,
On te demande juste d’y croire putain !
Et il y croit, bordel !
Il continue à s’agiter,
Poupée, marionnette, doudou dans la gueule des molosses.
La pensée juste.
Tous courrent après leurs idéaux de justice.
Ils se battent entre eux.
Des hyènes se partageant le cadavre d’une aveugle.
Tombent ceux qui renoncent.
Les survivants s’entretuent.
Aucun ne veut abandonner les armes.
Certitudes qui suintaient aux Lumières, déliquescence, vanité toujours.
Et de l’ironie il était passé, lentement très lentement, au cynisme,
Il y a encore des lueurs d’espoir dans le cynisme.
On peut y vivre
Dans la peur la colère,
Si l’on n’est pas philosophe.
Les tourments le prennent alors qu’il attend la mort.
Et si t’as encore la bêtise de désirer quoi que ce soit.
Pour lui c’était foutu,
Il désirait trop pour un cynique,
La finesse de l’ironie ne suffit plus.
Les jeux de mots ne jaillissent plus.
Il deviendrait con et infect.
La merde dans sa tête contaminerait ses proches.
Sans avoir l’intention de vivre, il n’avait qu’à attendre.
Alors ce jour il savait qu’il partirait,
Il partirait fou,
Et un soir, assis dans un coin, près d’une frontière, il s’endormira et ne se réveillera plus.
Alors ce jour il savait qu’il partirait,
Il partirait fou,
Et un soir, assis dans un coin, près d’une frontière, il s’endormira et ne se réveillera plus.
Il espérait ne pas souffrir.






Laisser un commentaire