Une critique du blog Le Bel de Mai

Frédéric Perrot, qui tient le blog littéraire le Bel de Mai, a lu la Bascule, et a reblogué la critique qu’en avait fait Jean-Paul Klée, accompagnée de ces quelques lignes :

« À la demande urgente de l’auteur – Frédéric Bach – je publie cette critique de Jean-Paul Klee au sujet de son roman, La bascule !

Blague à part, La bascule est un très bon roman, surréaliste en son genre, comme Les valseuses ou Buffet froid ou Série noire, que j’ai déjà évoqué sur ce blog, sont des films proprement surréalistes, qui font honneur au cinéma français, dont je ne dirai rien par ailleurs, n’aimant pas les généralités ! On sait combien le surréalisme dans le sillage de Breton méprisait le roman. Seul Aragon parmi les surréalistes historiques a écrit des romans. Frédéric Bach prouve que roman et surréalisme ne sont pas incompatibles. Narration déconcertante, humour noir, point de vue constamment décalé… Le narrateur est sans doute fou et même s’il se rêve en tueur en série, on est tout prêt à le suivre au gré de ses mésaventures hélas ordinaires, qui sont celles de tant de gens…

Recherche d’emploi, recherche d’amour, recherche de quelque chose, on ne sait même pas quoi, mais qui donnerait sens à cette vie… »

L’article original sur le blog le Bel de Mai est ici :

http://beldemai.blogspot.com/2022/11/frederic-bach-la-bascule-une-critique.html

A la bibliothèque

Les bibliothèques sont des lieux sublimes. On y trouve de la lecture et de la culture, ça occupe. Si on n’a nul endroit où poser ses fesses, les espaces de travail sont parsemés de fauteuils moelleux – à la différence des rues de nos jours où les bancs sont impraticables (quand on en trouve). S’il pleut dehors, il y a un toit, de la chaleur, parfois même à boire, ne serait-ce qu’une fontaine à eau fraîche et un distributeur de café. Il y a des toilettes également. Les étudiantes qui les fréquentes sont jolies, les intellectuels qui lisent des revues compliquées sont prêts à taper la discute. C’est France Culture avec des jolies filles autour. On ne va toutefois pas se mentir, les étudiantes sont entourées de boutonneux, et parfois les intellos tirent la tronche – mais je crois qu’eux non plus ne supportent pas les boutonneux. Mais il y a le wifi et des prises pour son téléphone, son ordinateur, sa vapoteuse. Au chapitre des doléances, il y a une liste d’interdictions à respecter, il faut par exemple sortir pour allumer sa clope, c’est compliqué de décapsuler une bière, etc…, rien que du classique de nos jours. Mais les bistrots ne sont en général jamais loin, les bibliothèques étant en centre-ville.

Je fréquente à Strasbourg les médiathèques Olympe de Gouges et André Malraux. La première parce qu’elle est proche de la gare et donc du chemin pour aller au taf – vous pouvez y emprunter La Bascule si vous voulez bouquiner dans le train. La seconde parce qu’elle est plus grande et qu’elle en jette, donc.

J’ai beaucoup dessiné dans ces deux médiathèques. Cet album regroupe les dessins :

Dans la médiathèque / In the library
Dessins aux médiathèques André Malraux et Olympes de Gouges

Oeuvres engagées

Depuis le temps que j’écris des textes libertariens, anars, poétiques, un gros micmac en fait, un inventaire des luttes… Depuis quelques années je traîne mon crayon au bord des manifs, dans les rues. Je n’aime pas les foules, je ne prends donc pas une part plus active. Mais j’aime ce statut d’observateur. Revendications diverses, convictions écologistes, représentations des excès du capitalisme, je retrouve les luttes dans mes dessins et dans mes textes. En les publiant, on devient d’une certaine façon reporter.

Ce diaporama Flickr regroupe les dessins :

Maison Rouge, Strasbourg

Et la Bascule regorge de passages où les luttes dépassent le cerveau malade du héros :

La Bascule, chapitre 19
Dessins en marge d’une manifestation

2022-04-21 : croquis des peintres d’une fresque

Invité par mon ami Vin’Syl, je dessine les artistes présents sur la fresque en bordure de l’autoroute M35, à hauteur de Montagne Verte.

« Première fresque, réalisée par Apaiz et Dédé La Plume, aidés par des jeunes du CSC Montagne Verte et l’association L’Atelier du Club. Peinture réalisée sur la thématique de l’écologie, et faisant écho au morceau « Causes et conséquences » du rappeur Dah Conectah » comme le décrit la page facebook de l’Atelier du Club.

Première immersion pour moi dans le monde du graff.

Khayati I / Artiste peintre au travail // Artist at work

Résilience 0 – par Frédéric Perrot

Une courte nouvelle de mon ami Frédéric Perrot. L’article original sur le site Bel de Mai est ici.

Résilience 0 – Illustration Frédéric Bach

« La réalité, c’est ce qui refuse de disparaître quand on cesse d’y croire. »

                                                (Philip K. Dick, Siva)

(Page manuscrite retrouvée dans le portefeuille du patient après sa neutralisation. Les italiques correspondent aux mots soulignés en rouge par le patient.)

« Ma femme jouit dans le lit d’un autre. Plusieurs fois par jour, avec une constance admirable, elle publie des vidéos de ses coïts acrobatiques sur un réseau social baptisé Orgasme et compagnie.

Mon fils aîné, ce crétin, après avoir rêvé pendant quelques mois au djihad, les yeux rivés sur des vidéos ignobles de décapitations et autres atrocités, prétend à présent avoir renoncé à la violence, privilégiant une pratique soft et modérée de sa nouvelle foi. Il porte la barbe, la djellaba et vautré dans le sofa du salon passe ses journées à fumer de l’herbe et à apprendre la langue arabe.

Ma fille cadette, Jeanne, la prunelle de mes yeux, s’est rasé la tête, est devenue végane, milite pour le climat et de son côté passe ses journées à publier sur le Net des tribunes incendiaires contre le patriarcat et les vieux mâles blancs réactionnaires dont à l’entendre je serais une incarnation typique ! Moi le plus tolérant des pères et le plus doux des maris…

Tel est dans ses grandes lignes le résumé de ma triste situation familiale, celle dont je m’entretiens jusqu’à quatre fois par semaine avec mon psychanalyste : le célèbre et très médiatique Frank Herbert. « Vu à la télé » est-il inscrit sur chacun de ses forts volumes de réflexions, qui paraissent à un rythme régulier, à raison de six ou sept par an, si je ne me trompe… Les yeux mi-clos, cette sommité, ce brillant cerveau, ce colosse de la pensée conceptuelle m’écoute, ne dit rien ou presque et j’essaie toujours d’être le plus clair possible avec lui, même quand j’ai l’impression très fâcheuse qu’il s’est endormi le salaud… »

(Ce qui suit est la transcription de la houleuse séance du 22 novembre 2021, qui devait se révéler la dernière et précéder de quelques heures le terrible passage à l’acte du patient. Elle nous a été aimablement fournie par notre collègue, le docteur Herbert, qui nous assure que le patient savait fort bien que toutes les séances étaient enregistrées. Chaque mot de ce long monologue – contrairement à ce que pourraient laisser penser certains passages de la transcription, à aucun moment le docteur Herbert n’intervient – prend par conséquent une signification toute particulière.

L’absence de réaction du docteur Herbert, non moins que son silence que l’avocat des parties civiles a jugé « assourdissant », ne cessent d’ailleurs pas d’étonner et d’interroger. L’instruction est toujours en cours.)

« Non, je vous le répète pour la millième fois, monsieur Herbert. Je ne me soucie nullement des frasques sexuelles de Clémence… C’est un peu humiliant certes, les vidéos surtout, mais je n’en fais pas toute une histoire. Nous vivons sous le même toit, l’un à côté de l’autre depuis des années et je la soupçonne simplement d’être devenue folle, à force de courir après sa jeunesse enfuie… Pauvre Clémence en guerre avec son âge et refaite de partout à coups de chirurgie esthétique… »

(Silence de quelques secondes.)

« En revanche, et en suivant vos conseils si avisés monsieur Herbert, j’ai tenté l’autre jour de dialoguer avec mon crétin de fils. Oui, dialoguer ! En m’exhortant au calme, j’ai commencé par lui rappeler qu’à ma connaissance l’herbe était toujours une substance illégale, ce qui est un premier problème, mais qu’en outre en consommer me semblait malgré tout contrevenir aux préceptes de sa foi… Vous remarquerez au passage monsieur Herbert combien je prends des pincettes, pour ne surtout pas l’offenser… Ce crétin a haussé les épaules, en marmonnant que je n’y connaissais rien. Croyant le toucher au cœur, je lui ai alors rappelé son asthme, qui nous a tant inquiétés tout au long de son enfance. Sa réponse m’a paru si consternante que j’ai renoncé à poursuivre…

Le dialogue est un mythe, une fiction, une sinistre invention… Avec un grand sourire, comme soulagé, ce crétin décérébré m’a expliqué que je n’avais pas à m’inquiéter : son dieu qui est béni, illustre etc., dans sa grande mansuétude, l’a guéri de son asthme… Que répondre à une telle insanité franchement ? Plutôt que de le soulever de son sofa et de l’écrabouiller comme l’aurait mérité ce misérable pou, je suis allé dans la cuisine me servir un verre… Car, oui, oui, vous pouvez le noter monsieur Herbert, j’ai un peu recommencé à boire… »

(Long silence. Le patient tousse à deux reprises.)

« Jeanne, quoi, Jeanne… Je n’ai pas envie de vous parler de Jeanne. Sous vos airs d’endormi, vous êtes un sadique monsieur Herbert… Jeanne était un miracle, la plus belle chose qui nous soit arrivée à Clémence et à moi… Et à présent, elle est maigre, hideuse, toujours sur les nerfs à propos de tout et de rien…

Oui, oui, je la soupçonne d’aimer les filles, et alors monsieur Herbert ? Ce n’est pas du tout le problème… Cela me serait même relativement indifférent, si elle avait meilleur goût… Car, son amie, Coralie, avec laquelle je la soupçonne en effet de ne pas jouer qu’au UNO, désespère la description… Tatouée de partout, lourde, moche. Regard vide, bovin. Cette Coralie, cette grosse vache bonne pour l’abattoir, qui est sans cesse occupée de se curer le nez de la façon la plus révoltante, ne doit pas avoir plus de trois mots de vocabulaire…

Et Jeanne, Jeanne qui est si intelligente et néglige dorénavant ses études, les savoirs académiques n’étant à l’entendre qu’une accumulation de préjugés réactionnaires…  Réactionnaire est le mot que Jeanne a sans cesse en bouche, en même temps que l’une de ses horripilantes sucettes véganes, que j’ai toujours envie de lui retirer, quitte à la lui arracher… Cela va trop loin… Avant-hier, croyant sans doute me faire plaisir, elle a eu cette phrase sidérante, je cite :Ce n’est pas ta faute papa… Maman aussi est réactionnaire avec son goût du phallus… »

(Silence d’une trentaine de secondes, ponctué de bruits indistincts.)

« Je vous le demande sincèrement monsieur Herbert : suis-je le seul être sensé, dans cet asile de fous qu’est devenue ma propre maison ?

Quoi, la résilience… Qu’est-ce que vous essayez de me vendre au juste monsieur Herbert ? Vous voulez que j’achète des bouquins de votre collègue de plateaux Boris Cyrulnik, c’est ça ? Je devrais prendre sur moi, c’est ça… Surmonter l’épreuve, qui me grandira, c’est ça… Ne renoncez pas au bonheur. Entre vous et le monde, choisissez le monde.  Ce genre de formules creuses qui ne veulent rien dire… Et ne pas m’en faire d’entendre toute la journée ma femme gueuler Orgasme, mon fils Allah est grand et ma fille Réactionnaire !

Vous êtes un escroc, monsieur Herbert ! La résilience, pour ce que j’en sais, c’est trop sucré, c’est comme une pâte de fruits, écœurant et dégueulasse… Philosophie de bazar et slogan publicitaire pour temps consumériste…. Prenez sur vous, adaptez-vous ! Je n’ai pas envie d’être résilient, moi… Ce sera résilience zéro, moi. Quand on entend un même mot partout du matin au soir, qu’un ministre quelconque vous parle même de plans de relance et de résilience, il faut se méfier…

Je n’oublie rien, je ne pardonne rien, moi monsieur Herbert, je ne m’avoue pas vaincu, moi monsieur Herbert, et vous ne me reverrez plus… Je me battrai jusqu’au bout ! Je leur ferai entendre raison à tous, même si je dois en devenir fou… Votre chèque, quoi votre chèque ? Vous voudriez que je vous paie en plus ? »

(Bruit d’une chaise qui se renverse, d’un mouvement confus et d’une porte qui claque. Cris du docteur Herbert à l’adresse du patient pour le retenir. Ainsi se termine l’enregistrement.)

                                                                              Frédéric Perrot

1500 signes, un almanach

J’ai choisi de mettre en ligne ce texte de jeunesse, écrit entre 2004 et 2007 environ. Je me suis rendu compte qu’après quinze ans dans les tiroirs son côté désuet (« un peu IIIe République », notait un ami à sa lecture) offrait paradoxalement une certaine fraîcheur à sa thématique principale : le suivi de l’actualité d’une ville de province par le pigiste des pages locales, qui décide de détourner les articles qu’il écrit pour ne pas finir blasé.

Sur Wattpad, cela donne ceci :

https://www.wattpad.com/story/302574832-1500-signes-un-almanach

N’hésitez pas à y faire un tour, à commenter, etc. L’interface est vraiment pratique pour la lecture, si tant est qu’on apprécie la lecture sur écran. Evidemment, il faut lire les articles par deux, l »officiel » et le « pastiche ».

Je compte diffuser ces articles ici, d’abord de façon rapprochée pour « rattraper » le mois de janvier, puis au rythme d’environ un article par semaine. A partir de mars, je me focaliserai sur l’application de lecture Wattpad. A chaque fois je donne d’abord l’article publié dans la presse locale, puis un détournement. J’ai écrit le plupart des articles qui ont servi de trame à ce récit, mais j’ai évidemment modifié à peu près tout, synthétisé de nombreux personnages en un seul, j’en ai inventé d’autres. Certains -rares- articles ou évènements ne sont basés sur rien.

Voici l’introduction de 1500 signes, un almanach :

En 2007, un jeune homme fit des piges alimentaires dans un petit quotidien de Rixiourse. « J’aime ce job ! » disait-il à qui voulait l’entendre. Mais il était désabusé par le décalage entre ce qu’il voyait et ce qu’il devait écrire pour publier son article. Il lui fallait lutter contre cet aspect du boulot. D’abord parce qu’ « il aimait ce job », et qu’il ne voulait pas finir blasé à 30 ans. Mais surtout parce qu’il devait gagner sa croûte. Alors il décida que chaque pige aurait sa réécriture mettant en scène ce qu’il ne fallait pas voir. Cela lui prit deux fois plus de temps. Mais il rigola beaucoup. Voici ces secondes versions, non publiées dans le journal local, mais rendant avec bien plus de vérité la vie à Rixiourse et les mœurs des habitants.

(Le paru) : ce qui a été publié.

(Le vrai) : ce que le journaliste aurait voulu écrire, s’il avait le choix…

© Frédéric Bach

1500 signes en feuilleton en ligne

Depuis février, je mets en ligne un texte de jeunesse, 1500 signes. C’est la réécriture humoristique d’articles des pages locales de la PQR – Presse Quotidienne Régionale. Vous pourrez suivre la vie d’une petite ville de province à travers des articles pastiches. A chaque fois, je donne l’article publié dans la PQR, puis sa parodie. Pour respecter l’idée de l’almanach, la diffusion de ces textes ira jusqu’en décembre.

Les premiers textes parus (jusqu’en février) sont disponibles sur cette page :

https://frederic-bach.com/category/1500-signes/

Et également sur Wattpad :

https://www.wattpad.com/1195568165-1500-signes-un-almanach-introduction